Dream Rusher



Rien ne s’écrit. Tout s’efface. La page blanche qui se fait de plus en plus vaste. J y appose mes mots et ils se métamorphosent en des gouttelettes de mon esprit, des gouttes d encre qui viennent tacher le papier blanc, si pur, si... Je rêve

Même sur le clavier rien ne sort. Noires et blanches s entremêlent dans une mélodie disgracieuse. Mes doigts parcourent ce clavier de plastique et je ne ressens rien, plus rien, le vide... Moi seul au milieu de néant. Je suis égocentrique ; je le revendique.

Recherche

 

Sang d'encre



C'est ici que nous plongeons dans l'Ether. C'est ici que tout se tisse, tout se lie, tout s'efface...


Mon sang d'encre vous sera étrange, mais trempez y votre plume car cette substance est vôtre tout comme mienne. Cette essence, c'est vous et moi qui la créons pour transcrire notre histoire.

Pour que le souvenir ne perde jamais trace, la main glisse sur le clavier comme elle s'épanouirait sur le parchemin jauni par la vie.

La Vie est telle, si belle et éphémère, que demain nous n'aurons peut-être plus assez de sable et le temps ne s'écoulera plus...

 
Mercredi 18 mai 2005



Rien ne possédait le pouvoir de nous séparer. Mais les liens devaient être encore fragiles puisque tout a cédé dans un seul choc, lorsque ce véhicule aux allures de Titan fit voler en éclat notre rêve tout comme il fit voler en éclat le par brise. L’affreux monstre, après avoir opposé mon faible corps à son incomparable ossature, m’éjecta de notre voiture qu’il transforma en boite de conserve y faisant entrer le corps de ma femme, disloqué dans un bain rouge sang.

Ces pensées macabres m’obsèdent. Mais seriez-vous capables de penser à autre chose lorsque les dernières images que vous avez vues et que vous pourrez voir à l’avenir sont celles du corps de votre femme en charpies ? Cet accident m’a privé de tout : de mes yeux, de mes bras, de mes jambes, du chant des oiseaux … et de Toi. C’est ma vie qu’il a prise ! Je voudrais seulement pouvoir décoller de ce lit d’hôpital où l’on m’a crucifié Les larmes voudraient couler mais je n’y arrive pas. Je pleure de me voir réduit à l’état de « légume infirme ». Si seulement je pouvais arracher ces fils qui me tiennent encore à la vie pour me lever, tout détruire et crier ma douleur au monde entier. Exprimer ma souffrance est l’une des seules choses qu’on m’a laissée.

Un courant d’air traverse la pièce. Je suppose que quelqu’un est accouru après avoir entendu mon cri et que le déplacement de la porte a laissé le vent s’immiscer dans la chambre. Quelqu’un est près de moi, probablement armé de l’une de ces horribles seringues qu’ils me plantent toujours dans l’avant bras pour me calmer. Je secoue ma tête en espérant que cela suffira à les en dissuader, mais j’en doute. Je ne veux… Une douce main me caresse le visage. C’est elle, j’en suis certain, elle qui est la seule à me comprendre, la seule à savoir que je souffre, la seule à savoir que la morphine est inutile. De toutes les infirmières s’étant occupées de moi durant ces trois semaines, elle est la seule à avoir offert à mon visage l’ébauche d’un sourire, une petite étincelle, la promesse d’un feu de joie. Je cesse de remuer la tête en tout sens. Sa main continue d’effleurer mon visage et je sens le souffle de sa bouche qui doit probablement me chuchoter quelques mots de réconfort à mon oreille. Et c’est sous la main de "mon" infirmière que mon esprit s’apaise

C’est l’aube. Je sens la douceur de la lumière effleurer ma peau. Ca me rappelle sa main.
Je n’ai jamais cru au coup de foudre...Que dis-je là ?! Ma femme est morte il y a moins d’un mois et me voilà en train de m’avouer victime de l’amour. J’ai honte.

« Pardonne-moi chérie… » mais être amoureux d’une âme défunte, c’est trop difficile pour moi. Une partie de toi reste en moi, une partie de moi reste en toi.. Et mes yeux vitreux s’embrument de larmes invisibles car la Belle n’aimera jamais la Bête que je suis aujourd’hui.! Tout va mal mais la main de la déesse est de retour, me caressant tendrement le front. Et ma bouche ne peut se contraindre à retenir les mots :
« Si tu savais à quel point je t’aime toi mon inconnue. Pardonne le pauvre aveugle de sa folie. Pardonne le fou de son impudence. Pardonne un homme d’aimer l’inaccessible. »

Ce sont à présent ses lèvres qui viennent se coller aux miennes. Je profite de l’instant et savoure le rêve. Il m’embrasse et moi je suis aux anges. C’est un homme… Je sens sa barbe male rasée irriter la peau de mon visage, mais c’est agréable. C’est étrange,. Mais tout cela est-ce vraiment important ?. L’Amour n’a plus de forme ; l’Amour est incolore. Dire que si j’avais encore mes yeux, peut-être aurais-je manqué cet instant.. Je te remercie, toi la Vie, toi la meurtrière de m’avoir appris le verbe "aimer".

Mercredi 18 mai 2005



Batifoler dans les cieux de l’insouciance,

Errer toute une vie, chercher la délivrance

Se sentir pousser des ailes et s’enfuir

Rien ni personne sur terre pour me retenir

Devenir un ange, la tête dans les nuages

Ouvrir un livre et en tourner les pages

Laisser la plume glisser sur le papier

Ecrire quelques lignes, chemin de la destinée

Créer son utopie pour pouvoir résister

A ce Dieu sans merci, à ces hommes sans pitié.

Mercredi 18 mai 2005



Il s’assoit devant ce grand miroir qu’il côtoie depuis des années déjà. Et toujours le même reflet : Cet homme qui n’en est pas un, cet être à l’âme si paradoxale, la tempête entre le « oui » et le« non », entre le « je t’aime » et le « moi non plus », entre le corps d’un homme et la pensée d’une femme…

Comme chaque matin, les larmes coulent encore sur son visage mal rasé et pendant quelques minutes, il se libère du poids de ses regrets, fait tomber le masque. Il relève la tête avec fierté puis s’effondre en pleursà nouveau, ne pouvant empêcher le torrent de déferler. On essuie ce qu’onv oudrait cacher, on reprend ses esprits, la tête bien haute on se regarde et on s’affronte dans ce satané miroir qui nous oppresse.

Il prend le rasoir qu’il avait posé hier matin près de son démaquillant, comme d’habitude, puis hésite quelques secondes. Les veines ou mon visage ? C’est cette même question qui lui revenait chaque matin. Mourir ou souffrir. Il avait toujours choisi la première solution jusque là et il en ferait de même ce matin, petite lueur d’espoir au fond de son cœur, petite étincelle qu’il espère retrouver en un feu de joie, un jour, peut-être …

Il remplie alors le lavabo d’une eau tiède et prend donc sa mousse à raser et se l’étale sur la figure. Il entame le premier coté de son visage (toujours le coté droit en premier) et en deux minutes à peine, l’affaire est clôturée. Petit plongeon pour le rasoir et le voilà reparti. Il n’avait jamais aimé ce moment de la journée et détestait se raser et pour cause puisque inévitablement il se coupait à chaque fois. D’ailleurs, la lame vient àpeine écorcher sa peau.

 

Le sang coule sur sa peau blanche mais il s’acharne. Il jouit de voir ce corps qu’il hait tant se vider de son liquide vital. Ca nefait pas encore assez mal. Il essuie son visage avec la petite serviette rose,court chercher l’alcool à 90° dans son tiroir de pharmacie, retourne à la salle de bain et en verse sur un coton qui ne parvient plus à boire cette potion d’oubli. Et le coton sur les plaies… Cris de douleur ! Si c’est le seul moyen pour m’empêcher de les raviver comme il ravive ses plaies intérieures, il est prêt à en payer ce prix.

« Tu es laid mon gars ! » Après avoir pris la douche rituelle, il se dirige vers sa chambre et ouvre son armoire favorite,celle où toutes ses robes sont alignées en une rangée de couleurs plus variées que celles de Monsieur l’Arc-en-ciel lui-même. Mais il choisit finalement un joli tailleur noir accompagné d’une petite chemisette blanche, style secrétaire. Très vite, il enfile son déguisement, prend ses chaussures à talons aiguilles au bas de l’armoire et les emmène à l’entrée de son appartement.

Puis retour à son miroir diabolique. 9:45 AM à son poignet. Il doit être à dix heures au boulot. Il prend sa poudre miraculeuse s’en met plein le visage espérant masquer ainsi les différents défauts de son faciès. Leblush à présent qui pose avec son pinceau sur ses joues. Le fard à paupière marron glacé, le crayon à la couleur plus foncée et le mascara pour accentuer sur ses magnifiques yeux émeraude. Il ne manque plus que le rouge à lèvres pour compléter son œuvre. Il choisit alors le petit tube qui cache son rouge à lèvres pastel. Il peint sa bouche pulpeuse d’une couleur invisible , petit pincement des lèvres et le tour est joué. Quelques pulvérisations de son parfum préféré et …

Direction la sortie et vite. Il enfile ses chaussures à talons, s’observe une dernière fois dans le petit miroir dans son entrée mais il manque quelque chose… Petit cri de satisfaction, il court à la salle de bain enfiler sa perruque blonde coiffée au carré. Il jette un œil dans le miroir…Parfait ! Il pose ses lèvres sur la paroi froide et embrasse son reflet pour quitter à toute vitesse son appartement.

Une chance que son lieu de travail se situe à l’étage d’en dessous. On dit très vite bonjour à tous ses amis ou plutôt toutes, on tire le rideau qu’on referme derrière soi et on s’exhibe derrière l’une des vitres de cette ville, attirant le regard des passants mais on espère, on espère que la vie nous sourira, un jour, peut être… Mais ce matin là fut un matin comme les autres.

 

Pensée vagabonde



Celui qui court après les étoiles filantes, petits morceaux de rêves égarés.
 
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus