Mercredi 18 mai 2005
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Rien ne possédait le pouvoir de nous séparer. Mais les liens devaient être encore fragiles puisque tout a cédé dans un seul choc, lorsque ce véhicule aux allures de Titan fit voler en éclat notre rêve tout comme il fit voler en éclat le par brise. Laffreux monstre, après avoir opposé mon faible corps à son incomparable ossature, méjecta de notre voiture quil transforma en boite de conserve y faisant entrer le corps de ma femme, disloqué dans un bain rouge sang.
Ces pensées macabres mobsèdent. Mais seriez-vous capables de penser à autre chose lorsque les dernières images que vous avez vues et que vous pourrez voir à lavenir sont celles du corps de votre femme en charpies ? Cet accident ma privé de tout : de mes yeux, de mes bras, de mes jambes, du chant des oiseaux
et de Toi. Cest ma vie quil a prise ! Je voudrais seulement pouvoir décoller de ce lit dhôpital où lon ma crucifié Les larmes voudraient couler mais je ny arrive pas. Je pleure de me voir réduit à létat de « légume infirme ». Si seulement je pouvais arracher ces fils qui me tiennent encore à la vie pour me lever, tout détruire et crier ma douleur au monde entier. Exprimer ma souffrance est lune des seules choses quon ma laissée.
Un courant dair traverse la pièce. Je suppose que quelquun est accouru après avoir entendu mon cri et que le déplacement de la porte a laissé le vent simmiscer dans la chambre. Quelquun est près de moi, probablement armé de lune de ces horribles seringues quils me plantent toujours dans lavant bras pour me calmer. Je secoue ma tête en espérant que cela suffira à les en dissuader, mais jen doute. Je ne veux
Une douce main me caresse le visage. Cest elle, jen suis certain, elle qui est la seule à me comprendre, la seule à savoir que je souffre, la seule à savoir que la morphine est inutile. De toutes les infirmières sétant occupées de moi durant ces trois semaines, elle est la seule à avoir offert à mon visage lébauche dun sourire, une petite étincelle, la promesse dun feu de joie. Je cesse de remuer la tête en tout sens. Sa main continue deffleurer mon visage et je sens le souffle de sa bouche qui doit probablement me chuchoter quelques mots de réconfort à mon oreille. Et cest sous la main de "mon" infirmière que mon esprit sapaise
Cest laube. Je sens la douceur de la lumière effleurer ma peau. Ca me rappelle sa main.
Je nai jamais cru au coup de foudre...Que dis-je là ?! Ma femme est morte il y a moins dun mois et me voilà en train de mavouer victime de lamour. Jai honte.
« Pardonne-moi chérie
» mais être amoureux dune âme défunte, cest trop difficile pour moi. Une partie de toi reste en moi, une partie de moi reste en toi.. Et mes yeux vitreux sembrument de larmes invisibles car la Belle naimera jamais la Bête que je suis aujourdhui.! Tout va mal mais la main de la déesse est de retour, me caressant tendrement le front. Et ma bouche ne peut se contraindre à retenir les mots :
« Si tu savais à quel point je taime toi mon inconnue. Pardonne le pauvre aveugle de sa folie. Pardonne le fou de son impudence. Pardonne un homme daimer linaccessible. »
Ce sont à présent ses lèvres qui viennent se coller aux miennes. Je profite de linstant et savoure le rêve. Il membrasse et moi je suis aux anges. Cest un homme
Je sens sa barbe male rasée irriter la peau de mon visage, mais cest agréable. Cest étrange,. Mais tout cela est-ce vraiment important ?. LAmour na plus de forme ; lAmour est incolore. Dire que si javais encore mes yeux, peut-être aurais-je manqué cet instant.. Je te remercie, toi la Vie, toi la meurtrière de mavoir appris le verbe "aimer".
Par Raphaël
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Publié dans : Il était une fois...
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Mercredi 18 mai 2005
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Je ne suis pas une femme. Je ne suis pas un homme. Je suis autre chose. Je suis.
Une soirée comme les autres...
La dure douleur de l'accouchement, je ne la connaîtrai pas et j'en suis heureux. Ce soir, c'est un accouchement en douceur pour moi, calme et voluptueux. Ce qui est enfermé dans mon complexe cérébrale va s'épanouir sur quelques lignes, se libérer en quelques mots.
Je me sens léger malgré la lourdeur de ma carcasse. Je me sens fort malgré mes yeux qui fatiguent. Je suis assis devant cet écran et je parcours le clavier de mes doigts avec l'agilité d'un pianiste. Mon index frappe le R pour glisser sur la touche qui le précède. Puis le doigt quitte le E pour laisser s'échapper de son étreinte mon pouce endolori qui parvient à atteindre malgré lui le V. Le pouce trop engourdi, je préfère en revenir à mon index qui se pose délicatement sur la dernière touche qu'il a pressée, E.
REVE.
Le mot qui offre la Vie à toute chose pour le peu qu'on y mette un peu de son coeur et de son temps. Tout est éphémère mais l'esprit sait capturer l'essence pour tout reconstruire.
Ne dites rien. Fermez les yeux. Inspirez. Expirez...
Inspirez. Rêvez.
Bon voyage.
Par Raphaël
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Publié dans : Une vie
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Lundi 2 mai 2005
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Seul au milieu d'une pièce sombre, éclairée par quelques bougies, je ne perçois rien. J'avance à tatons au milieu de nul part jusqu'à ce qu'une lumière s'intensifie et esquisse quelques formes... C'est un miroir.
Encore un miroir. Je ne m'en étonne plus. Il revienne tellement souvent. Je m'en approche petit à petit et d'autres formes se dessinent dans l'obscurité de la pièce. Une ombre assise face à se miroir qui semble coiffer sa ténébreuse chevelure qui prend au fur et à mesure que je m'approche un teint ocre qui se fait de plus en plus blond. La blancheur de son teint m'est visible à présent ainsi que sa longue robe de voilage noir qui laisse apparaître les formes gracieuses de son corps. Je suis à ses cotés...
Etrangement, elle porte un masque noir sur son visage qui m'empêche de savoir qui elle est. Pourtant j'ai l'impression de connaître cette femme. Peu importe, le miroir ovale m'attire encore bien plus ainsi que la lumineuse pierre blanche qui flotte au dessus de lui. Son intérieur nébuleux et crémeux me rappelle une améthyste mais celle-ci est d'un blanc immaculé. Je m'approche un peu plus de ce miroir pour observer ses contours poussiereux, sculptés dans l'or le plus pur. Sa vétusté est indiscutable et ce qu'il renferme est indiscible. J'y remarques quelques symboles et en particulier celui-ci :
J'ai pourtant l'impression qu'il n'est pas complet. Je ne parviens pas à percer ce flou.
La femme n'est plus là et je ne l'ai même pas remarqué. Ce miroir m'a absorbé. Je regarde autour de moi et ne perçois que le noir qui m'entoure ainsi que les quelques bougies qui brille dans cette nuit. Je décide alors de prendre place sur le petit tabouret sur lequel elle était assise quelques instants auparavant pour observer mon reflet dans ce miroir. Le miroir est intacte et pas un grain de poussière ne masque mon parfait reflet, un autre moi, moi... Je suis envouté par la perfection de mon reflet, rien ne diffère, c'est moi. Quelques instant après, mon image ondule et vieilli... Oui, je me vois vieillir sur la surface réfléchisssante et le temps s'écoule petit à petit pour laisser place à un homme dont les rides traduisent nombre de souffrances causées par la vieilliesse.
Je n'ai pas eu le temps de me rendre compte de ce qu'il se passait, de ce que je voyais... Une petite étincelle scintillait derrière moi. C'était la lumière réfléchi par un objet de métal... Un poignard, une lame aux formes du croissant de lune qui trancha ma gorge laissant déverser le sang à mes pieds. Je tombai au sol et eu seulement la force de me mettre sur le dos pour observer mon agresseur qui se pencha au dessus de moi, l'arme du crime à la main. Je remarquai que le poignard était orné d'une lune ainsi que d'un petit diamant scintillant. Mes yeux glissèrent sur le visage de l'agresseur, elle, cette même femme masquée qui souriait. Je la hais ... Tout s'assombrit et seule la blancheur de son sourire machiavélique m'est encore visible. Mes paupières sont closes. Je meurs.
Par Raphaël
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Publié dans : Au fond de l'Améthyste
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