Dream Rusher



Rien ne s’écrit. Tout s’efface. La page blanche qui se fait de plus en plus vaste. J y appose mes mots et ils se métamorphosent en des gouttelettes de mon esprit, des gouttes d encre qui viennent tacher le papier blanc, si pur, si... Je rêve

Même sur le clavier rien ne sort. Noires et blanches s entremêlent dans une mélodie disgracieuse. Mes doigts parcourent ce clavier de plastique et je ne ressens rien, plus rien, le vide... Moi seul au milieu de néant. Je suis égocentrique ; je le revendique.

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Sang d'encre



C'est ici que nous plongeons dans l'Ether. C'est ici que tout se tisse, tout se lie, tout s'efface...


Mon sang d'encre vous sera étrange, mais trempez y votre plume car cette substance est vôtre tout comme mienne. Cette essence, c'est vous et moi qui la créons pour transcrire notre histoire.

Pour que le souvenir ne perde jamais trace, la main glisse sur le clavier comme elle s'épanouirait sur le parchemin jauni par la vie.

La Vie est telle, si belle et éphémère, que demain nous n'aurons peut-être plus assez de sable et le temps ne s'écoulera plus...

 
Mercredi 18 mai 2005


Je ne suis pas une femme. Je ne suis pas un homme. Je suis autre chose. Je suis.



Une soirée comme les autres...

La dure douleur de l'accouchement, je ne la connaîtrai pas et j'en suis heureux. Ce soir, c'est un accouchement en douceur pour moi, calme et voluptueux. Ce qui est enfermé dans mon complexe cérébrale va s'épanouir sur quelques lignes, se libérer en quelques mots.

Je me sens léger malgré la lourdeur de ma carcasse. Je me sens fort malgré mes yeux qui fatiguent. Je suis assis devant cet écran et je parcours le clavier de mes doigts avec l'agilité d'un pianiste. Mon index frappe le R pour glisser sur la touche qui le précède. Puis le doigt quitte le E pour laisser s'échapper de son étreinte mon pouce endolori qui parvient à atteindre malgré lui le V. Le pouce trop engourdi, je préfère en revenir à mon index qui se pose délicatement sur la dernière touche qu'il a pressée, E.

REVE.
Le mot qui offre la Vie à toute chose pour le peu qu'on y mette un peu de son coeur et de son temps. Tout est éphémère mais l'esprit sait capturer l'essence pour tout reconstruire.

Ne dites rien. Fermez les yeux. Inspirez. Expirez...
Inspirez. Rêvez.

Bon voyage.

par Raphaël publié dans : Une vie
Mercredi 18 mai 2005



Chute interminable dans le fossé de mes souvenirs. Exploration des profondeurs de mon âme. Images imperceptibles défilant devant mes yeux d’enfant, ébahi, enchanté, émerveillé …

 Je suis étalé sur le sol, la tête vers le ciel, observant les nuages prenant des formes chimériques et cachant le soleil qui laisse enfin apparaître quelques uns de ces rayons lumineux. Je me sens flotté dans les airs, virevoltant comme une plume au gré du vent. Le vent … Je ne le sens pas glisser sur mon visage bien que les branches des chênes se plient sous sa force incommensurable.  Je ne le sens plus souffler dans mes cheveux qui …

Et ces oiseaux. Magnifique paysage que de voir ces deux rossignols entremêlant leurs ailes aux plumes angéliques, gazouillant un air de Vivaldi que je ne parviens pas à percevoir… Je sais que leur chant envoûtant résonne tout autour de moi et mon oreille est incapable d’interpréter ces sons. Je n’entends pas …

 Soudain, une abîme sous mes pieds. Je tombe. Même chute sans fin. Les images défilent encore et encore. Puis, rien, le néant.

 Un écho strident, bien pire que les ultrasons inaudibles, me transperce les tympans. C’est un ampli de mille cinq cents watts qui larsen et me détruit petit à petit. J’entends les cris des groupies déchaînées, lessifflements des fans impatients et le reste de la foule qui hurle le nom de leur idole à en perdre leur voix. Il n’y a pas plus agréable que la chaleur humaine pour échapper au froid. Pourtant, aucune sensation de chaleur ne s’offre à moi malgré la populace qui m’entoure. Seul le froid glacial est perceptible. La guitare électrique entame la mélodie, ses cordes vibrant sous les doigts du musicien. La basse le suit laissant échapper des bruits vrombissant qui emballent notre pouls. Et c’est au tour de la batterie de marteler le rythme, nos cœurs en osmose avec elle, battant un tempo similaire.Me voilà plongé dans un bain de foule comme noyé dans la mer, mon corps inerte emporté par les flots invisibles. La voix du chanteur envahie la salle, envahie nos esprits. Je me sens bien, je suis serein, à l’état de transe…

 Silence ! De nouveau cette multitude d’images qui passent aussi rapidement que les flashs des appareils photos capturant votre image dans cette petite boite noire.Voilà, j’atterris enfin.

 Je suis là, assis comme sur un moelleux nuage de coton. Cela me rappelle ces nébulosités aux formes oniriques qui envahissaient la voûte céleste lors de mon premier voyage. Mes lèvres sont comme cousues et on essaie tant bien que mal d’introduire à l’intérieur de mon orifice buccal un objet au goût métallique déposant sur ma langue une bouillie que je ne peux encore identifier. Toutes mes papilles gustatives se mettant en action me permettent de reconnaître chacun des ingrédients contenus dans ce mélange pâteux : de la pomme de terre, du poireau, de la carotte, autres légumes et substances chimiques dont je vous épargnerais les noms… Cette plâtrée dont je me délecte et à laquelle je ne peux coller un nom remplie mon petit estomac. Je décide de pousser quelques cris pour en quémander de nouveau. Cette fois-ci, j’ouvre grand la bouche laissant passer aisément  le morceau de métal. J’avale goulûment chacunedes cuillerées que l’on me donne. Je n’ai plus faim et pourtant je continue d’engloutir chaque louche. Je mange, je mange et je mange encore… Que c’est bon de manger.

 Je descends violemment de mon nuage fantasmagorique, me faisant aspiré vers le fond par un puissant courant. J’essais tant bien que mal de m’agripper à la paroi cotonneuse mais rien n’y fait.

 De nouveau plongé dans le noir, j’espère avoir enfin toucher le fond. J’attends patiemment que la lumière montre le bout de son nez mais le rayon luminescent ne viendra pas. C’est à ce moment qu’une odeur nauséabonde s’infiltra dans mes narines grandes ouvertes. D’où pouvait émaner cet horrible parfum que nul ne pourrait supporter ? D’ailleurs, je ne le supportais plus. Ma tête me tournait et je ne pouvais que courir en tout sens afin d’échapper à cette effluve dévastatrice. C’est alors que me pénétra le parfum salvateur, indescriptible et envoûtant. Mes pas ne pouvaient que suivre avec ardeur cette fragrance. Mais, l’odeur écoeurante me stoppa net. Je l’avais enfin identifier : un mélange de sueur, excrétion gazeuse carbonée, de moiteur salée. Qui pouvait dégager une telle si ce n’est un homme ? Ou plutôt l’Homme. J’en arrivai à cette conclusion : un homme, ça pue. Je me suis de nouveau concentré sur l’arôme qui m’avait subjugué. Me laissant guidée par celle-ci, je me tenais à présent devant une porte invisible que je dus pousser sans hésitation : la porte de Paradis pour les nez. Me voilà emporter par une vague parfumée. Un festival de senteurs s’offrait à moi : la musc et l’ambre dansant, rose et patchouli qui s’enlacent, la myrrhe et le bois de santal valsant, violette et muguet qui s’embrassent … L’extase !

Mon âme s’élève et rechute aussitôt. Cette fois-ci, je descends au plus profond de moi-même, au plus profond du Moi, au plus profond de mon inconscient.

Lové sous une draperie soyeuse, j’étais allongé sur ce que je supposais être un lit. Le matelas n’était ni trop dur ni trop mou, épousant parfaitement les formes de mon corps. Un oreiller douillet reposait sous ma tête. Je sentis alors la peau douce d’une main qui me caressait le torse. Une jeune femme se tenait à mes côtés, nue, elle aussi, sous les draps de soie qui l’enveloppait. Nous nous enlacions pour ne faire qu’un. Nos corps en osmose, nous échangions de langoureux baiser. Mes lèvres pusillanimes descendirent au creux de son cou tandis que mes mains glissèrent jusqu’à ses seins voluptueux. Je rejoignis sa bouchepulpeuse que j’embrassais goulûment  frottant mon sexe contre le sien. La chaleur de nos deux corps entremêlés laissait apparaître sur la fenêtre la condensation. J’aimais sentir ses formes généreuses sous la paume de mes mains, j’aimais sentir ses doux tétons durcir d’excitation entre mes doigts, j’aimais sentir mon sexe pénétrer en elle… Jamais je n’avais ressentis une sensation aussi intense en faisant l’amour avec une femme. Bizarrement, ce n’était pas seulement un désir sexuel que j’assouvissais pour apaiser une pulsion animale. J’aimais cette femme. Vint alors l’extrême jouissance que nous attendions tout deux : cette bouffée de chaleur qui vous envahi, ce cri qui monte en vous et que vous ne parvenez plus à retenir… Nous atteignions le Septième Ciel !

Un halo de lumière m’envahi et m’entraîna à toute vitesse en son centre comme l’aurait fait un trou noir. Je m’élevais encore et toujours plus haut. Continuant mon ascendance vers les cieux, la lumière commençait à m’aveugler jusqu’à ce que je ne pus y apercevoir qu’un voile blanc immaculé. Le flash se dissipa et laissa place à un spectacle féerique.

 

Je survolais un monde où régnait la Paix. La Beauté s’épanouissait s’exprimant à travers d’immenses étendues de verdure tachetées de fleurs multicolores, de cascades traversées par la lumière d’un soleil invisible laissant apparaître un prisme arc-en-ciel, de montagnes aux neiges éternelles se dressant au milieu des nuages floconneux qui se condensaient parfois pour engendrer une pluie myriachrome faisant danser les couleurs … J’étendais mes blanches ailes angéliques, me laissant planer au dessus d’un monde merveilleux, celui qu’on nommait Paradis…

Lundi 2 mai 2005


Seul au milieu d'une pièce sombre, éclairée par quelques bougies, je ne perçois rien. J'avance à tatons au milieu de nul part jusqu'à ce qu'une lumière s'intensifie et esquisse quelques formes... C'est un miroir.

Encore un miroir. Je ne m'en étonne plus. Il revienne tellement souvent. Je m'en approche petit à petit et d'autres formes se dessinent dans l'obscurité de la pièce. Une ombre assise face à se miroir qui semble coiffer sa ténébreuse chevelure qui prend au fur et à mesure que je m'approche un teint ocre qui se fait de plus en plus blond. La blancheur de son teint m'est visible à présent ainsi que sa longue robe de voilage noir qui laisse apparaître les formes gracieuses de son corps. Je suis à ses cotés...

Etrangement, elle porte un masque noir sur son visage qui m'empêche de savoir qui elle est. Pourtant j'ai l'impression de connaître cette femme. Peu importe, le miroir ovale m'attire encore bien plus ainsi que la lumineuse pierre blanche qui flotte au dessus de lui. Son intérieur nébuleux et crémeux me rappelle une améthyste mais celle-ci est d'un blanc immaculé. Je m'approche un peu plus de ce miroir pour observer ses contours poussiereux, sculptés dans l'or le plus pur. Sa vétusté est indiscutable et ce qu'il renferme est indiscible. J'y remarques quelques symboles et en particulier celui-ci :



J'ai pourtant l'impression qu'il n'est pas complet. Je ne parviens pas à percer ce flou.

La femme n'est plus là et je ne l'ai même pas remarqué. Ce miroir m'a absorbé. Je regarde autour de moi et ne perçois que le noir qui m'entoure ainsi que les quelques bougies qui brille dans cette nuit. Je décide alors de prendre place sur le petit tabouret sur lequel elle était assise quelques instants auparavant pour observer mon reflet dans ce miroir. Le miroir est intacte et pas un grain de poussière ne masque mon parfait reflet, un autre moi, moi... Je suis envouté par la perfection de mon reflet, rien ne diffère, c'est moi. Quelques instant après, mon image ondule et vieilli... Oui, je me vois vieillir sur la surface réfléchisssante et le temps s'écoule petit à petit pour laisser place à un homme dont les rides traduisent nombre de souffrances causées par la vieilliesse.

Je n'ai pas eu le temps de me rendre compte de ce qu'il se passait, de ce que je voyais... Une petite étincelle scintillait derrière moi. C'était la lumière réfléchi par un objet de métal... Un poignard, une lame aux formes du croissant de lune qui trancha ma gorge laissant déverser le sang à mes pieds. Je tombai au sol et eu seulement la force de me mettre sur le dos pour observer mon agresseur qui se pencha au dessus de moi, l'arme du crime à la main. Je remarquai que le poignard était orné d'une lune ainsi que d'un petit diamant scintillant. Mes yeux glissèrent sur le visage de l'agresseur, elle, cette même femme masquée qui souriait. Je la hais ... Tout s'assombrit et seule la blancheur de son sourire machiavélique m'est encore visible. Mes paupières sont closes. Je meurs.


 

Pensée vagabonde



Celui qui court après les étoiles filantes, petits morceaux de rêves égarés.
 
 
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