Dream Rusher



Rien ne s’écrit. Tout s’efface. La page blanche qui se fait de plus en plus vaste. J y appose mes mots et ils se métamorphosent en des gouttelettes de mon esprit, des gouttes d encre qui viennent tacher le papier blanc, si pur, si... Je rêve

Même sur le clavier rien ne sort. Noires et blanches s entremêlent dans une mélodie disgracieuse. Mes doigts parcourent ce clavier de plastique et je ne ressens rien, plus rien, le vide... Moi seul au milieu de néant. Je suis égocentrique ; je le revendique.

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Sang d'encre



C'est ici que nous plongeons dans l'Ether. C'est ici que tout se tisse, tout se lie, tout s'efface...


Mon sang d'encre vous sera étrange, mais trempez y votre plume car cette substance est vôtre tout comme mienne. Cette essence, c'est vous et moi qui la créons pour transcrire notre histoire.

Pour que le souvenir ne perde jamais trace, la main glisse sur le clavier comme elle s'épanouirait sur le parchemin jauni par la vie.

La Vie est telle, si belle et éphémère, que demain nous n'aurons peut-être plus assez de sable et le temps ne s'écoulera plus...

 
Jeudi 2 juin 2005


Il faisait noir. Un froid glacial soufflait et le blizzard me brûlait terriblement les mains et le visage. J'ouvris les yeux et je compris mieux pourquoi ce froid était si intense. J'étais allongé sur un sol de glace, sur une banquise, au milieu de la mer gelée où se dressaient des centaines d'icebergs aux formes étranges. Je me suis mis difficilement sur mes deux jambes car la morsure du froid engourdissait chacun de mes membres ; mais j'y parvins. Une affreuse douleur me frappa. Mon front me brûlait terriblement en un point précis et la douleur ne se calma qu'au bout de quelques minutes. Alors, j'observai autour de moi mais n'y voyais rien car la neige qui tombait était bien trop épaisse et m'obstruait la vue. J'étais vêtu d'un long manteau de tissu noir mais cela n'est qu'un détail après tout. Je me suis encapuchonné, marchant tout droit dans l'espoir de trouver un abri qui me cacherait de ce froid mortel.


Cela faisait plusieurs minutes, voire quelques heures, que je marchais et toujours rien à l'horizon. Brusquement, j'aperçu un gigantesque mur de glace qui se dressait devant moi. Je m'approchai de la paroi espérant trouver un renfoncement pour m'abriter mais ce mur était parfaitement lisse, sans aucune fissure. Sa surface reflétait le paysage ainsi que moi et je pus observer mon image : ce visage aux traits saillants encore une fois et les cheveux bien plus foncés, mais c'est bien moi. J'ai pu également noter sur mon front un triangle isocèle à la base plus courte que ses deux autres côtés, pointe vers le bas (un symbole déjà observé lors de précédentes expériences qui me demandaient une grande concentration). Lorsque j'ai posé ma main sur cette paroi de glace, j'ai sorti une énergie étrange, une énergie qui se fondait en moi, puissante et apaisante. Elle émanait de derrière cette barrière. Sans savoir pour quelle raison, je me suis concentré et mon doigt, que je venais juste de poser sur mes lèvres, traça de lui-même une glyphe invisible qui, une fois terminée, m'est apparue dans une lumière de feu. La paroi de glace a en partie fondu laissant apparaître un long tunnel sombre devant moi. J'apercevais très loin, au bout de celui-ci, une petite lumière blanchâtre qui devait simplement être la sortie. J'ai donc pénétré dans ce tunnel et pendant plusieurs heures, j'ai marché en voyant la petite lumière s'approcher de moi lentement, trop lentement...

J'atteignis enfin la sortie. Une lumière puissante m'aveugla et un magnifique spectacle s'offrit à mes yeux. Une grotte de glace sublime où stalactites et stalagmites jouaient ensemble, où de petits cristaux de glace étincelaient par ci par là au fur et à mesure que je m'avançais. On aurait dit des petites lucioles qui dansaient autour de moi. Le froid disparût et la chaleur de mon énergie m'envahit. Je n'avais pas encore remarqué ce qui se trouvait face à moi. Au milieu des airs flottait dans un halo de lumière un long bâton de métal clair ou foncé selon l'angle de vue sous lequel on l'observait. En haut de ce baton se trouvait enfermée entre les griffes de métal une pierre, une améthyste en boule, subjuguante, pénétrante... C'était l'énergie que j'avais sentie derrière cette paroi, j'en étais certain. Je me suis mis à tourner autour de lui d'un rythme de plus en plus rapide, murmurant des paroles qui pour moi-même étaient incompréhensibles. J'ai l'impression que je le priais. Je tournais de plus en plus vite autour du halo de lumière puis me suis arrêté d'un coup net face au bâton. Le halo se faisait de plus en plus faible, rétrécissait jusqu'à ce que subsiste qu'un seul rai, puis, plus rien. Le bâton de métal tomba à terre dans un bruit dont les ondes résonnèrent sur toutes les parois de la grotte de glace. Après une longue hésitation, je me suis finalement baissé pour le prendre en main. L'énergie de la pierre me submergea. Dans l'améthyste tournoyaient les nuages blancs du ciel purpurin qui la constituait. Je me sentais puissant et serein. Sensation indicible. Je plantai le bâton devant moi, dans la glace, et un épais brouillard s'amassa autour de moi. Il m'engloutit totalement puis se dissipa.

Je me suis retrouvé au milieu d'un paysage bien plus aride, un désert sans sable. Face à moi, trois hommes sont apparus de nul part. Il portait des turbans qui leurs masquaient tout le visage et étaient armés de longues cimeterres. Puis trois autres surgirent, puis encore, puis encore... En quelques instants, je me vis encerclé par une bande de malfrats étranges. Je n'ai pas paniqué. Mon bâton était toujours là et je me sentais presque invincible. En quelques gestes, les hommes enrubannés se sont retrouvés soufflés par de terribles bourrasques de vent. Quelques uns resistèrent et c'est en utilisant la tige de métal comme une arme de kung-fu que je parvins à les vaincre. Tous disparurent. Alors, je plantai mon bâton face à moi dans le sol aride qui m'absorba d'un trait comme si mon corps s'était liquéfié. Plus rien.


Je raconte très peu souvent mes rêves avec tant de précisions. Et pourtant, je sais pertinemment que j'ai encore oublié de précieuses informations au cours de mon voyage. Malheureusement...
   
Par Raphaël - Publié dans : Au fond de l'Améthyste
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Mardi 31 mai 2005


Je me retrouve dans la même pièce où j'ai rencontré cette petite vieille. Pourtant, la luminosité a changé depuis la dernière fois ; se trouve comme une nette scission au milieu de la pièce : d'un côté, une lumière blache immaculée s'épanouit pleinement et de l'autre, les ombres s'étendent sans limite. La Vieille est debout, face à moi, du côté lumineux, toujours aussi souriante et aussi "rayonnante". Du côté obscur se trouve l'homme du cimetière, celui aux allures de vampire androgyne et dont l'aura est toujours aussi sombre.

La Vieille remue les lèvres mais j'entends à peince ce qu'elle essaie de me dire car une autre voix résonne dans mon esprit au même instant où elle me parle. La tonalité de cette voix colle parfaitement avec mon interlocutrice. J'ai pu percevoir également qu'elle parlait dans une langue étrangère grâce aux paroles provenant directement de sa bouche que j'ai pu entendre. J'en ai donc déduit que la voix de mon esprit était probablement la traduction télépathique directe de ses paroles. Je serai incapable de répéter mot pour mot son discours mais le sens global m'est encore clair. Elle parlait des notions de Bien et de Mal, que la distinction entre ces deux notions est inexistante et que seule la Neutralité est la voie de la sagesse. Elle m'a parlé bien d'autres choses mais il m'est impossible de m'en souvenir moi même. Seule une phrase me revient en tête : "Tu dois trouver ton Equilibre intérieur."
L'homme esquisse un sourire malin et la Vieille garde le sien. Le calme règne dans la pièce et seul le silence m'est perceptible. Les deux protagonistes ferment leurs paupières au même instant, leur aura grandissante et leur présence se faisant de plus en plus forte. Puis ils soufflent tous deux sur mon corps inerte et m'insufflent leur énergie qui, pour la Vieille, se représente par une fumée blanche et noire pour celle de l'homme. Les deux fumées se mélangent alors pour n'en former qu'une seule, les couleurs toujours bien distinctes et mon corps les aspire par tous ses pores. Je me laisse envahir par cette terrible énergie irréstiblement bonne et mortifère. Mon esprit est en extase et mon âme est en transe. Je sens que les énergies se font trop puissantes et que mon corps risque de mal le supporter. J'essaie malgré moi d'expirer mais impossible. Je n'étouffe pas, je me sens bien ... je m'évannouie. Noir.

J'ouvre les yeux, mon corps allongé sur le dos enfermé dans une boite qui épouse parfaitement sa forme. Mes mains sont posées sur mon buste comme celles des morts dans leur cercueil et il m'est impossible de les bouger. De même pour tout mon corps. J'observe autour de moi et note tout un tas de symboles ressemblant étrangement à des hiéroglyphes. La boite de pierre n'est réellement pas confortable. Et je comprends alors qu'à cet instant c'est moi le mort et que je suis enfermé dans un sarcophage. Mais je ne panique pas. Etrangement, j'ai l'impression que cette scène, je l'ai déjà vu. Avec un peu de concentration, chaque hiéroglyphe autour de moi se met à scintiller. Je me sens comme aspirer par eux.
En un instant, je me retrouve en haut d'une pyramide, contemplant le monde et me laissant envahir par l'énergie que m'offre le soleil. Je tend les bras vers le ciel, ferme les yeux et me laisse emporter par la chaleur qui circule dans tout mon corps et je sens que l'énergie qui m'envahi et qui émane de mon corps se fait de plus en plus forte, étape par étape, comme si chacun de mes chakras se débloquaient un par un. Blanc.... Noir.
Je chute de la pyramide, plonge dans le sable qu'il m'engouffre et se fait comme oreiller et couverture. Je suis bien. Lumière d'or, c'est l'oeil d'Horus qui apparaît au dessus de ma tête puis se transforme en un pendantif, arborant le même symbole, chuttant sur mon corps inerte et rempli d'un bien être intérieur.



Par Raphaël - Publié dans : Au fond de l'Améthyste
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Dimanche 29 mai 2005


Dans le noir immaculé de la voute céleste, une ronde lune illumine un petit sentier d'une lumière pâle et froide. Je m'avance sur ce sentier et je ne vois rien autour de moi si ce n'est l'ombre de quelques arbres qui m'entourent. Je marche pendant quelques minutes jusqu'à ce que j'atteigne une gigantesque grille qui me barre le passage. Je me sens minuscule face à celle-ci et j'ai comme l'impression qu'elle m'écrase. Je m'en approche et pose ma main sur la poignée glacée. Le froid envahi tout mon corps et je commence à avoir certaines difficultés à respirer. Je la tourne et remarque alors que cette grille est fermée. Ce n'est pas étonnant. Je ne me sens pas destabiliser pour autant. J'inspire profondément et souflle une fumée orangée sur la poignée qui rougit comme si on chauffait le métal qui la constitue. J'y pose à nouveau ma main pour la tourner et la grille s'ouvre en grinçant.

Je pénètre dans l'enclos et prend alors conscience que je suis dans un cimetière. En me concentrant un peu, j'apperçois même quelques âmes flottées au dessus de leur sépulture. Sans y attacher grande importance, je continue ma ballade sur l'allée centrale du cimetière. J'apperçois une silouhette au loin, c'est un homme. Je le connais. Je l'ai déjà croisé dans l'un de mes précédents rêves où j'avais entretenu avec lui une discution silencieuse au milieu de nul part. Les seuls mots qui avaient résonnés ce jour là étaient :
" - Qui êtes-vous ?
- It' arië no hini "
J'ai compris sans savoir comment qu'il ne souhaitait pas se présenter puisque l'étrange langue signifiait "Je ne suis personne". Tout s'était terminé étrangement, mais cela est trop flou pour que je puisse le décrire à nouveau.

Je suis donc face à cette connaissance. Il me rappelle les vampires d'Anne Rice. Le teint pale et lèvres rouges sang. Une longue chevelure brune nouée par un ruban. Le visage fin et les canine acérées. L'androgyne dans une tenue du XVIII siècle, chemise blanche à jabot et reste du costume noir. La scène se répéte :
" - Qui êtes-vous ?
- It' arië no hini "
J'apperçois alors une fumée noire aux reflets violets qui l'entourait : son aura. Je comprends alors que j'ai affaire à un être maléfique et que s'il est, ce n'est sûrement pas pour entretenir une conversationa micale avec moi :
" - Présentez-vous !
- Ita nidawë ino ludorite nya.
- Si vous êtes là pour m'empêcher d'avancer, alors venez combattre ! "
Il se rue alors sur moi et j'esquive ses coups avec une agilité qui m'était inconnue. Je pose ma main sur le sol et se forme alors une dague de grenat (il me semble). Je le transperce d'un coup et l'homme s'évanouit en fumée. Je sens encore sa présence. Par là !

Je cours sur cette allée, toujours tout droit, jusqu'à ce que je m'enfonce dans un brouillard épais où je ne distingue plus rien, plus rien...

Par Raphaël - Publié dans : Au fond de l'Améthyste
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Pensée vagabonde



Celui qui court après les étoiles filantes, petits morceaux de rêves égarés.
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