Mardi 31 mai 2005


Je me retrouve dans la même pièce où j'ai rencontré cette petite vieille. Pourtant, la luminosité a changé depuis la dernière fois ; se trouve comme une nette scission au milieu de la pièce : d'un côté, une lumière blache immaculée s'épanouit pleinement et de l'autre, les ombres s'étendent sans limite. La Vieille est debout, face à moi, du côté lumineux, toujours aussi souriante et aussi "rayonnante". Du côté obscur se trouve l'homme du cimetière, celui aux allures de vampire androgyne et dont l'aura est toujours aussi sombre.

La Vieille remue les lèvres mais j'entends à peince ce qu'elle essaie de me dire car une autre voix résonne dans mon esprit au même instant où elle me parle. La tonalité de cette voix colle parfaitement avec mon interlocutrice. J'ai pu percevoir également qu'elle parlait dans une langue étrangère grâce aux paroles provenant directement de sa bouche que j'ai pu entendre. J'en ai donc déduit que la voix de mon esprit était probablement la traduction télépathique directe de ses paroles. Je serai incapable de répéter mot pour mot son discours mais le sens global m'est encore clair. Elle parlait des notions de Bien et de Mal, que la distinction entre ces deux notions est inexistante et que seule la Neutralité est la voie de la sagesse. Elle m'a parlé bien d'autres choses mais il m'est impossible de m'en souvenir moi même. Seule une phrase me revient en tête : "Tu dois trouver ton Equilibre intérieur."
L'homme esquisse un sourire malin et la Vieille garde le sien. Le calme règne dans la pièce et seul le silence m'est perceptible. Les deux protagonistes ferment leurs paupières au même instant, leur aura grandissante et leur présence se faisant de plus en plus forte. Puis ils soufflent tous deux sur mon corps inerte et m'insufflent leur énergie qui, pour la Vieille, se représente par une fumée blanche et noire pour celle de l'homme. Les deux fumées se mélangent alors pour n'en former qu'une seule, les couleurs toujours bien distinctes et mon corps les aspire par tous ses pores. Je me laisse envahir par cette terrible énergie irréstiblement bonne et mortifère. Mon esprit est en extase et mon âme est en transe. Je sens que les énergies se font trop puissantes et que mon corps risque de mal le supporter. J'essaie malgré moi d'expirer mais impossible. Je n'étouffe pas, je me sens bien ... je m'évannouie. Noir.

J'ouvre les yeux, mon corps allongé sur le dos enfermé dans une boite qui épouse parfaitement sa forme. Mes mains sont posées sur mon buste comme celles des morts dans leur cercueil et il m'est impossible de les bouger. De même pour tout mon corps. J'observe autour de moi et note tout un tas de symboles ressemblant étrangement à des hiéroglyphes. La boite de pierre n'est réellement pas confortable. Et je comprends alors qu'à cet instant c'est moi le mort et que je suis enfermé dans un sarcophage. Mais je ne panique pas. Etrangement, j'ai l'impression que cette scène, je l'ai déjà vu. Avec un peu de concentration, chaque hiéroglyphe autour de moi se met à scintiller. Je me sens comme aspirer par eux.
En un instant, je me retrouve en haut d'une pyramide, contemplant le monde et me laissant envahir par l'énergie que m'offre le soleil. Je tend les bras vers le ciel, ferme les yeux et me laisse emporter par la chaleur qui circule dans tout mon corps et je sens que l'énergie qui m'envahi et qui émane de mon corps se fait de plus en plus forte, étape par étape, comme si chacun de mes chakras se débloquaient un par un. Blanc.... Noir.
Je chute de la pyramide, plonge dans le sable qu'il m'engouffre et se fait comme oreiller et couverture. Je suis bien. Lumière d'or, c'est l'oeil d'Horus qui apparaît au dessus de ma tête puis se transforme en un pendantif, arborant le même symbole, chuttant sur mon corps inerte et rempli d'un bien être intérieur.



Dimanche 29 mai 2005


Dans le noir immaculé de la voute céleste, une ronde lune illumine un petit sentier d'une lumière pâle et froide. Je m'avance sur ce sentier et je ne vois rien autour de moi si ce n'est l'ombre de quelques arbres qui m'entourent. Je marche pendant quelques minutes jusqu'à ce que j'atteigne une gigantesque grille qui me barre le passage. Je me sens minuscule face à celle-ci et j'ai comme l'impression qu'elle m'écrase. Je m'en approche et pose ma main sur la poignée glacée. Le froid envahi tout mon corps et je commence à avoir certaines difficultés à respirer. Je la tourne et remarque alors que cette grille est fermée. Ce n'est pas étonnant. Je ne me sens pas destabiliser pour autant. J'inspire profondément et souflle une fumée orangée sur la poignée qui rougit comme si on chauffait le métal qui la constitue. J'y pose à nouveau ma main pour la tourner et la grille s'ouvre en grinçant.

Je pénètre dans l'enclos et prend alors conscience que je suis dans un cimetière. En me concentrant un peu, j'apperçois même quelques âmes flottées au dessus de leur sépulture. Sans y attacher grande importance, je continue ma ballade sur l'allée centrale du cimetière. J'apperçois une silouhette au loin, c'est un homme. Je le connais. Je l'ai déjà croisé dans l'un de mes précédents rêves où j'avais entretenu avec lui une discution silencieuse au milieu de nul part. Les seuls mots qui avaient résonnés ce jour là étaient :
" - Qui êtes-vous ?
- It' arië no hini "
J'ai compris sans savoir comment qu'il ne souhaitait pas se présenter puisque l'étrange langue signifiait "Je ne suis personne". Tout s'était terminé étrangement, mais cela est trop flou pour que je puisse le décrire à nouveau.

Je suis donc face à cette connaissance. Il me rappelle les vampires d'Anne Rice. Le teint pale et lèvres rouges sang. Une longue chevelure brune nouée par un ruban. Le visage fin et les canine acérées. L'androgyne dans une tenue du XVIII siècle, chemise blanche à jabot et reste du costume noir. La scène se répéte :
" - Qui êtes-vous ?
- It' arië no hini "
J'apperçois alors une fumée noire aux reflets violets qui l'entourait : son aura. Je comprends alors que j'ai affaire à un être maléfique et que s'il est, ce n'est sûrement pas pour entretenir une conversationa micale avec moi :
" - Présentez-vous !
- Ita nidawë ino ludorite nya.
- Si vous êtes là pour m'empêcher d'avancer, alors venez combattre ! "
Il se rue alors sur moi et j'esquive ses coups avec une agilité qui m'était inconnue. Je pose ma main sur le sol et se forme alors une dague de grenat (il me semble). Je le transperce d'un coup et l'homme s'évanouit en fumée. Je sens encore sa présence. Par là !

Je cours sur cette allée, toujours tout droit, jusqu'à ce que je m'enfonce dans un brouillard épais où je ne distingue plus rien, plus rien...

Samedi 28 mai 2005


Une fleur sur une mer de satin
Symbole de notre amour, symbole de mon chagrin
Comme le chrysanthème que j'ai posé sur ta tombe
Tu offriras cette fleur à celle qui flirt avec toi.

C'est un cadeau minuscule pour ta petite catin
Elle l'acceptera maintenant qu'elle danse avec ton âme
La faucheuse n'a pas hésité à me prendre mon cavalier
Car la Mort n'attend pas quand le sablier est vide.

Un merci tremblotant sur mes lèvres affamées
Pardonne à la vieille d'être aujourd'hui ton amante
Je garde mon coeur rempli de tes sourires passés
Et les yeux embrumés des larmes d'une veuve.

Une envie de tendresse à jamais condamnée
Envahi mon corps et tourment mon esprit
Alors je pleure le sang que monpère à versé
Lorsqu'il trancha ta gorge pour mieux me protéger.

En cette heure je cris mon désespoir et te maudis
Et ces mots, papa, deviendront ta prison.

 
 
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