Mercredi 29 juin 2005


Malgré les quelques conflits qui ont pu survenir, cette soirée organisée chez l'une de mes amies fût plutôt bonne. Je n'aurais jamais pensé que cette situation surviendrait et pourtant... A vrai dire, la maison était sujet à ce genre d'expérience. Lors du tour de maison que nous avons fait, nous avons pu observer une chambre d'ami dont l'atmosphère était vraiment pesante. D'ailleurs, personne n'appréciait réellement cette chambre, ce qui était compréhensible. Nous sentions bien qu'il y avait autre chose. La pièce d'au dessus était également imprégnée de cette même énergie.


Pendant la soirée, G. a finalement proposé, à ceux qui le souhaitaient, d'entreprendre une séance de spiritisme. Je fus surpris de voir qu'autant de monde affluait pour ce genre d'expérience mais je me doutais bien que cela ne durerait pas longtemps. C'est le grenier (pièce au dessus de la chambre) qui fut choisi. Après plusieurs fous rires de la part de certains et le sceptisisme grandissant dans le coeur d'autres, nous sommes passés d'une dizaine à quatre personnes. Bien que l'énergie de la pièce était propice à une séance de spiritisme, nous n'avons obtenu aucun réponse. Nous avons alors dérivé sur la cartomancie et j'ai donc avoué avoir pris mes cartes avec moi et j'ai donc accepté de faire un tirage à celui qui voudrait. J'ai alors proposé de descendre dans la chambre car il est vrai que celle-ci dégageait quelque chose de vraiment fort. Je suis donc descendu prendre mes cartes et rejoindre les autres dans la pièce où tout avait été installé sur le lit.

Nous étions à présent plus que trois. G. mène le jeu et s'occupe d'appeler l'esprit de la pièce. Etant donné que c'était pour moi ma première expérience de spiritisme, j'ai préféré m'abstenir de tout débordement. Il m'est alors venu un flash et j'ai pu coir le visage d'une vielle femme, cheveux au carré ébouriffé (ils étaient frisés d'après G. et il est problable que le flou de l'image ne m'est pas permis de le voir) et plutot négligée. Elle ne semblait pas très sympathique... Petit frisson qui parcours la colonne vertébrale et l'expérience continue. Le cercle de protection se ressert au tour de nous et j'ai l'impression que l'esprit plane au dessus de nous et tourne. Soit elle se fiche de nous, soit elle ne parvient pas à bouger le verre. Nous sommes restés sceptiques sur ce verre. A vrai dire, le Dafy Duck dessiné dessus n'était pas vraiment le bienvenue. Nous avons donc optés pour un verre à pied.

Petite pause cartomancie. Celui qui accompagnait G. et moi m'a demandé de lui tirer les cartes à ce moment et j'ai donc accepté sans hésiter. Elles m'ont d'ailleurs répondus de suite et pourtant, j'étais sceptique sur ce tirage. J'en ai donc profité pour en faire un deuxieme de suite et mon consultant fut surpris de voir que six cartes étaient exactement les mêmes que celles du tirage précédent à l'exception d'une seule : le hasard fût remplacé par la certitude. Après avoir pu observer que mon tirage correspondait tout à fait à sa situation, petit sentiment de satisfaction. J'ai laissé G. prendre mes cartes pour savoir si nous devions continuer cette séance ou non. Les cartes ont donc répondu que si nous perséverions, nous réussirons. Continuons donc...

Nous reprenons la séance de spiritisme et décidonc cette fois d'éteindre la lumière. Ambiance plus gloque, certes, mais sentiment que la présence est d'autant plus forte. A ce moment, le verre à de suite bouger. G. lui a alors posé plusieurs questions dont je passerai les détails (peu intéressant). Lorsqu'il lui a demandé de partir, l'esprit n'a pas accepté. Je sens que G. est quelque peu destabilisé mais il reprend vite les choses en mains lorsqu'il se met à parler dans sa langue. J'ai peur que celui qui nous accompagne soit choqué et cela s'est d'ailleurs senti après coup. Les paroles de G. ont l'air de fonctionner. L'esprit nous avoue qu'il nous à menti mais nous ne savon pas sur quoi exactment. Nous voulions absolument éviter d'entraîner des problèmes dans cette maison et avons préféré abréger la séance. Cependant l'esprit refusa encore. Le verre se déplaçait de plus en plus vite et nous sentions que cela se terminerait mal si nous continuions. Après maintes reprises, l'esprit accepta finalement de partir.

Grande satisfaction autant chez moi que chez G. Le troisième reste sous le choc et préfère oublier ce qu'il vient de voir. Un de plus qui restera sceptique. Dans tous les cas, je suis impatient de pouvoir réitérer l'expérience. Peut-être que nous parviendrons à aider ma mère grâce à cela... Espérons.

Mardi 21 juin 2005


Trop de stress. L'esprit préoccupé par ce que nous impose une société dans laquelle on essaie de se fondre. S'adapter à un environnement qui n'est pas le nôtre. Obéir à des règles qui n'ont aucune valeur. On ne comprend pas...

Cela faisait quelques jours que je n'avais pas méditer comme cela malgré le besoin qui se faisait ressentir. Une impression de danger ou quelque chose que je ne suis pas encore prêt à voir. Je ne sais pas. Il est tard et je repense à cette pierre aux formes géométriques particulières. Ce grenat est si rayonnante qu'elle me subjugue, presqu'autant que son "prédécesseur" minéral (mon amétrine). Pensées vagabondes qui traversent l'esprit. On prend l'objet tant adulé, direction la sérénité.


La pierre en main, il m'est difficile de trouver mon calme. Je suis agité, presque énervé contre je ne sais quoi, contre moi-même, contre l'autre. La tension augmente et mon poul s'accelère de plus en plus. La pierre toujours entre mes mains est brulante et si je n'avais pas été si tenace, probablement l'aurais-je lachée. Une énergie d'un rouge intense s'échappe de mes mains, une énergie similaire à celle qui se dégage de la pierre mais mélangée à la mienne. La chaleur de mes mains s'est propulsée à travers tout mon corps et j'ai été pris d'une violente douleur au coeur. Ma tête me tournait, tout se faisait flou, le noir s'intensifiait... Me voilà autre part.

Je ne flotte pas, je vole. Derrière moi, attacher à mon dos, deux ailes d'un blanc presque transparant. Ce ne sont pas des ailes comme on en représente sur les anges. Pas une plume mais simplement une fine peau s'aparentant à un tissu d'une grande légèreté. Je survole une forêt très dense et observe en dessous de moi un temple ressemblant en quelques traits à ceux des aztèques, ces sortes de pyramides en escalier. Je rejoins la terre ferme. Je me pose devant cette gigantesque pyramide dont je ne vois plus la cime. En face de moi, l'entrée noire qui mène je ne sais où. Je m'en approche et me fis de suite aspiré par une grande force. Je traverse à une grande vitesse tout un tas de salles... La vitesse à laquelle le paysage défile ralentit. Je suis gigantesque salle parsemée de flambeau, esprits dansant autour du corps d'un vieil homme à la peau mate nu et inerte, posé sur un autel autour duquel ont été posées plusieurs pierres, du grenat à en juger par l'intense lumière rouge qui s'en dégage. Je suis toujours attiré par cette force qui émane du corps de cet homme. Mon corps fusionne avec le sien et je me retrouve allongé sur l'autel, à sa place, dans son propre corps.

Les esprits autour de moi cessent de danser. Certains portent des flambeaux. Les pierres de grenat rayonnent plus fortement et je sens qu'elles me revitalisent. Avec une grande souplesse, je me dresse debout sur l'autel en un clin d'oeil. Une tunique rouge venue de nul part tombe sur mes épaules et cache mon corps à présent à demie nu. Le son d'un tamtam se fait entendre au coeur du temple et son rythme me pénettre. Je suis envahi par la musique et, tendant mes deux mains vers le ciel, le feu des flambeaux se rejoint au coeur de mes mains. Un véritable brasier dont la chaleur intense et indolore s'épanouit entre mes mains. J'entreprends alors une danse indescriptible au rythme du tamtam sur l'autel et le mouvement de mes mains embrasées dessine dans l'air des formes spirituels. Je ne sais ce que j'invoque mais je le fais et mon corps continue à jouer avec le feu qui s'étend autour de lui, qui l'entoure et qui danse avec moi. Je suis comme l'une de ces flammes, je suis l'esprit du feu, source de vie et de destruction. Le son du tamtam s'intensifie et s'accelère, mon corps suivant la cadence. C'est une véritable frénésie qui m'emporte sous les yeux des grands esprits. Net, le son s'arrête. Le feu qui glisse sur mon corps me consume dans un gracieux silence. Retour aux cendres... retour à la réalité.

Le grenat est toujours chaud. Je me sens plein de vigueur. Heureux de vivre. Un véritable feu de joie en moi. Le sommeil risque d'être difficile à trouver.

Jeudi 2 juin 2005


Il faisait noir. Un froid glacial soufflait et le blizzard me brûlait terriblement les mains et le visage. J'ouvris les yeux et je compris mieux pourquoi ce froid était si intense. J'étais allongé sur un sol de glace, sur une banquise, au milieu de la mer gelée où se dressaient des centaines d'icebergs aux formes étranges. Je me suis mis difficilement sur mes deux jambes car la morsure du froid engourdissait chacun de mes membres ; mais j'y parvins. Une affreuse douleur me frappa. Mon front me brûlait terriblement en un point précis et la douleur ne se calma qu'au bout de quelques minutes. Alors, j'observai autour de moi mais n'y voyais rien car la neige qui tombait était bien trop épaisse et m'obstruait la vue. J'étais vêtu d'un long manteau de tissu noir mais cela n'est qu'un détail après tout. Je me suis encapuchonné, marchant tout droit dans l'espoir de trouver un abri qui me cacherait de ce froid mortel.


Cela faisait plusieurs minutes, voire quelques heures, que je marchais et toujours rien à l'horizon. Brusquement, j'aperçu un gigantesque mur de glace qui se dressait devant moi. Je m'approchai de la paroi espérant trouver un renfoncement pour m'abriter mais ce mur était parfaitement lisse, sans aucune fissure. Sa surface reflétait le paysage ainsi que moi et je pus observer mon image : ce visage aux traits saillants encore une fois et les cheveux bien plus foncés, mais c'est bien moi. J'ai pu également noter sur mon front un triangle isocèle à la base plus courte que ses deux autres côtés, pointe vers le bas (un symbole déjà observé lors de précédentes expériences qui me demandaient une grande concentration). Lorsque j'ai posé ma main sur cette paroi de glace, j'ai sorti une énergie étrange, une énergie qui se fondait en moi, puissante et apaisante. Elle émanait de derrière cette barrière. Sans savoir pour quelle raison, je me suis concentré et mon doigt, que je venais juste de poser sur mes lèvres, traça de lui-même une glyphe invisible qui, une fois terminée, m'est apparue dans une lumière de feu. La paroi de glace a en partie fondu laissant apparaître un long tunnel sombre devant moi. J'apercevais très loin, au bout de celui-ci, une petite lumière blanchâtre qui devait simplement être la sortie. J'ai donc pénétré dans ce tunnel et pendant plusieurs heures, j'ai marché en voyant la petite lumière s'approcher de moi lentement, trop lentement...

J'atteignis enfin la sortie. Une lumière puissante m'aveugla et un magnifique spectacle s'offrit à mes yeux. Une grotte de glace sublime où stalactites et stalagmites jouaient ensemble, où de petits cristaux de glace étincelaient par ci par là au fur et à mesure que je m'avançais. On aurait dit des petites lucioles qui dansaient autour de moi. Le froid disparût et la chaleur de mon énergie m'envahit. Je n'avais pas encore remarqué ce qui se trouvait face à moi. Au milieu des airs flottait dans un halo de lumière un long bâton de métal clair ou foncé selon l'angle de vue sous lequel on l'observait. En haut de ce baton se trouvait enfermée entre les griffes de métal une pierre, une améthyste en boule, subjuguante, pénétrante... C'était l'énergie que j'avais sentie derrière cette paroi, j'en étais certain. Je me suis mis à tourner autour de lui d'un rythme de plus en plus rapide, murmurant des paroles qui pour moi-même étaient incompréhensibles. J'ai l'impression que je le priais. Je tournais de plus en plus vite autour du halo de lumière puis me suis arrêté d'un coup net face au bâton. Le halo se faisait de plus en plus faible, rétrécissait jusqu'à ce que subsiste qu'un seul rai, puis, plus rien. Le bâton de métal tomba à terre dans un bruit dont les ondes résonnèrent sur toutes les parois de la grotte de glace. Après une longue hésitation, je me suis finalement baissé pour le prendre en main. L'énergie de la pierre me submergea. Dans l'améthyste tournoyaient les nuages blancs du ciel purpurin qui la constituait. Je me sentais puissant et serein. Sensation indicible. Je plantai le bâton devant moi, dans la glace, et un épais brouillard s'amassa autour de moi. Il m'engloutit totalement puis se dissipa.

Je me suis retrouvé au milieu d'un paysage bien plus aride, un désert sans sable. Face à moi, trois hommes sont apparus de nul part. Il portait des turbans qui leurs masquaient tout le visage et étaient armés de longues cimeterres. Puis trois autres surgirent, puis encore, puis encore... En quelques instants, je me vis encerclé par une bande de malfrats étranges. Je n'ai pas paniqué. Mon bâton était toujours là et je me sentais presque invincible. En quelques gestes, les hommes enrubannés se sont retrouvés soufflés par de terribles bourrasques de vent. Quelques uns resistèrent et c'est en utilisant la tige de métal comme une arme de kung-fu que je parvins à les vaincre. Tous disparurent. Alors, je plantai mon bâton face à moi dans le sol aride qui m'absorba d'un trait comme si mon corps s'était liquéfié. Plus rien.


Je raconte très peu souvent mes rêves avec tant de précisions. Et pourtant, je sais pertinemment que j'ai encore oublié de précieuses informations au cours de mon voyage. Malheureusement...
   
 
 
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