Rien ne possédait le pouvoir de nous séparer. Mais les liens devaient être encore fragiles puisque tout a cédé dans un seul choc, lorsque ce véhicule aux allures de Titan fit voler en éclat notre rêve tout comme il fit voler en éclat le par brise. Laffreux monstre, après avoir opposé mon faible corps à son incomparable ossature, méjecta de notre voiture quil transforma en boite de conserve y faisant entrer le corps de ma femme, disloqué dans un bain rouge sang.
Ces pensées macabres mobsèdent. Mais seriez-vous capables de penser à autre chose lorsque les dernières images que vous avez vues et que vous pourrez voir à lavenir sont celles du corps de votre femme en charpies ? Cet accident ma privé de tout : de mes yeux, de mes bras, de mes jambes, du chant des oiseaux
et de Toi. Cest ma vie quil a prise ! Je voudrais seulement pouvoir décoller de ce lit dhôpital où lon ma crucifié Les larmes voudraient couler mais je ny arrive pas. Je pleure de me voir réduit à létat de « légume infirme ». Si seulement je pouvais arracher ces fils qui me tiennent encore à la vie pour me lever, tout détruire et crier ma douleur au monde entier. Exprimer ma souffrance est lune des seules choses quon ma laissée.
Un courant dair traverse la pièce. Je suppose que quelquun est accouru après avoir entendu mon cri et que le déplacement de la porte a laissé le vent simmiscer dans la chambre. Quelquun est près de moi, probablement armé de lune de ces horribles seringues quils me plantent toujours dans lavant bras pour me calmer. Je secoue ma tête en espérant que cela suffira à les en dissuader, mais jen doute. Je ne veux
Une douce main me caresse le visage. Cest elle, jen suis certain, elle qui est la seule à me comprendre, la seule à savoir que je souffre, la seule à savoir que la morphine est inutile. De toutes les infirmières sétant occupées de moi durant ces trois semaines, elle est la seule à avoir offert à mon visage lébauche dun sourire, une petite étincelle, la promesse dun feu de joie. Je cesse de remuer la tête en tout sens. Sa main continue deffleurer mon visage et je sens le souffle de sa bouche qui doit probablement me chuchoter quelques mots de réconfort à mon oreille. Et cest sous la main de "mon" infirmière que mon esprit sapaise
Cest laube. Je sens la douceur de la lumière effleurer ma peau. Ca me rappelle sa main.
Je nai jamais cru au coup de foudre...Que dis-je là ?! Ma femme est morte il y a moins dun mois et me voilà en train de mavouer victime de lamour. Jai honte.
« Pardonne-moi chérie
» mais être amoureux dune âme défunte, cest trop difficile pour moi. Une partie de toi reste en moi, une partie de moi reste en toi.. Et mes yeux vitreux sembrument de larmes invisibles car la Belle naimera jamais la Bête que je suis aujourdhui.! Tout va mal mais la main de la déesse est de retour, me caressant tendrement le front. Et ma bouche ne peut se contraindre à retenir les mots :
« Si tu savais à quel point je taime toi mon inconnue. Pardonne le pauvre aveugle de sa folie. Pardonne le fou de son impudence. Pardonne un homme daimer linaccessible. »
Ce sont à présent ses lèvres qui viennent se coller aux miennes. Je profite de linstant et savoure le rêve. Il membrasse et moi je suis aux anges. Cest un homme
Je sens sa barbe male rasée irriter la peau de mon visage, mais cest agréable. Cest étrange,. Mais tout cela est-ce vraiment important ?. LAmour na plus de forme ; lAmour est incolore. Dire que si javais encore mes yeux, peut-être aurais-je manqué cet instant.. Je te remercie, toi la Vie, toi la meurtrière de mavoir appris le verbe "aimer".
Par Raphaël
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Masse cotonneuse sur la toile bleutée de notre atmosphère, le nuage nous fait tourner la tête. Lesprit quitte le corps lourd, se libère des chaînes qui lemprisonnent à lasphalte et senvole vers ces petites bulles de rêves, ces chimères nébuleuses.
La mousse saccumule, prend des formes incompréhensibles, indescriptibles, imaginaires et féeriques. Le paradis mouvre ses bras
Le soleil transperce les blancs nuages qui réverbèrent avec douceur et volupté la lumière quil nous envoie.
Esprit angoissé sassoit sur un doux coussin de coton, simmerge dans lapaisant halo de lumière chaude, besoin de calme. Sur son petit nuage on fermeles yeux, les angelots virevoltant comme de petites lucioles au dessus de notre tête. Monde illusoire
Image nébuleuse de ton visage, ses contours fins se dessinant dans limmensité dun ciel vide, puis ta main sapprochant tendrement de mon corps inerte, brise qui souffle dans mes cheveux comme la douce caresse que tu maurais donnée. Ce nest pas toi, mais limage est si charmeuse, si envoûtante quelle me subjugue. Je me noie dans tes yeux à en perdre la raison. Tu es beau mon ange, ma passion
Encore ce doux vent dans mes cheveux. Je taime illusion enchanteresse. Le souffle de Dieu qui se fait de plus en plus violent. Les chérubins en perdent leurs plumes celles-ci se mettant à tournoyer autour de mon esprit si fragile dans une danse frénétique. Pourquoi fuis-tu ? Non, aie pitié et reste à mes cotés. Jai tant besoin de toi ! Et le vent temporte loin de moi : ton regard séloigne et ta main sefface. Ô mon doux rêve ! Et les larmes dargent qui se mettent à couler sur ma peau transparente laissent une cicatrice brûlante sur mon visage ensanglanté par mes pleurs. Lintensité de la lumière qui se fait plus forte elle aussi, qui maveugle. Horrible brasier ! Et toi que je vois brûler dans les flammes de lenfer, mon ange déchu, mon pêché adulé
Tu meurs dans « le feu clair qui rempli ces espaces limpides ».
Des « je taime » murmurés entre les lèvres encore humides de tes baisers angéliques.
Adieu !
Par Raphaël
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Ô Amandine ...
Que de joie d'entendre la berceuse que tu me cantonnes. Une vague apaisante me submerge. Je nage tel un poisson dans l'eau dans la mer de l'allégresse, de l'amour et de la fraternité. Caressant ton coeur de mes nageoirs translucides ,je laisse une myriade d'étincelles derrière ma caudale pour éclairer cette sombre nuit, pour éclairer ton doux visage, pour éclairer tes yeux qui scintillent tels mille diamants. Mais la vague de l'amertume reviendra bientôt. Ce n'est que calme avant tempête. L'un peut-il aller sans l'autre ? Vivons le moment présent. Profitons et restons ensemble pour cette soirée avant que la mort s'abatte sur nos frêles corps. Laissons la lune nous parler, laissons la lune nous bercer, lovons nous l'un près de l'autre et dormons sur les nuages de notre utopie.
Dans l'eau de tes yeux, j'ai laissé mon coeur amoureux ...
Ô douce Mesoke, implacable chimère émerveillant même le rêve. Comment pouvoir penser à te perdre lorsque seul tes mots sont le gaz qu'il faut à mon coeu rblessé, tranché, écartelé, traumatisé... Comment me faire pardonner de cette absence où la mesure continuait à être martelé d'un "tic tac" marque du temps qui passe ? Comment ai-je pu te laisser si longtemps, toi le remède, toi l'elexir guérisseur ? Ô toi que j'aime Mesoke, je me jette à tes pieds pour te supplier de me pardonner.
Le sacrifice est demandé pour pouvoir enfin me consoler. Injustifiable il est et banni l'idée en est. L'absence n'est qu'éphémère et l'ange réapparaîtra bientôt dans son halo lumineux, enfin intact. Ce n'est qu'une espérance, un rêve. Mais continuons de rêver, rêvons pour vivre. L'inspiration me manque et je pense qu'il est temps de revenir à des termes plus simples pour ma part. Mon esprit de poète me quitte pour cette nuit. Demain, la muse à mes côtés, je pourrais dechanter de nouveau mes louanges sur une mélopée lyrique et onirique.
A bientôt spectre enchanteur et rejoint les dieux salvateurs. Mon âme s'en va reposer en paix. Mon coeur plein d'espoir de te revoir au dessus de ma tête dans mes rêves les plus oniriques. A bientôt petite fée aux ailes argentées ...
Par Raphaël
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