Jeudi 19 mai 2005
4
19
/05
/2005
00:00
Je tiens dabord à définir la schizophrénie étymologiquementparlant car il me semble que celle-ci est importante dans la définition duterme. Il a été choisi par les scientifiques car, daprès eux, il était leterme qui illustrait le mieux la séparation de certaines fonctions psychiques;"schizo" vient du grec et signifie fendre, séparer et"phrên" veut dire esprit.
Il faut savoir que la schizophrénie touche environ 1% de la population mondiale ce qui est énorme pour une maladie telle que celle-ci. Lescauses en demeurent pourtant inconnues. On pense que les conditions sociales et familiales en sont les principales causes (de trop bruts changements peuvent eneffet provoquer la perturbation psychologique du sujet) mais il est supposé également que la maladie peut avoir pour origine un virus qui serait le même que celui provoquantla psychose syphilitique avec quelques modifications.
A ce propos, Kurt Schneider a publié, il y a de ça une cinquantaine dannées, un ouvrage traitant du sujet : Psychopathologie clinique. Pour Schneider, les symptômes de premier rang permettent de distinguer l'expérience vécue schizophrénique de d'autres expériences vécues anormales. Ils sont capitaux surtout pour effectuer le diagnostic mais servent aussi à distinguer la schizophrénie d'autres pathologies non psychotiques.Cette étude des symptômes de premier rang permet une approche de la schizophrénie davantage centrée sur l'expérience subjective du patient.Schneider s'éloigne pourtant de cette conception lorsqu'il se propose d'interpréter sous un angle psychanalytique, les symptômes de premier rang. Ilexplique cette symptomatologie en ayant recours aux notions de perte des limites du moi et de perméabilité de la barrière entre le moi et le monde extérieur. Il décrit un phénomène expliquant que le patient éprouve ce qu'il ressent comme ne provenant pas de lui-même, de son intérieur, mais des autreset s'imposant néanmoins à lui.
Dans le chapitre VIde la quatrième édition de son ouvrage, Kurt Schneider énumère les symptômes depremier rang: « ...publication de la pensée, audition de voix sous forme de propos et de réplique, audition de voix qui accompagnent de remarques les agissements du malade, expériences corporelles d'influence, vol de la pensée et autres influences de la pensée, diffusion de la pensée, perception délirante,ainsi que ce qui est fait et influencé par d'autres dans le domaine des sentiments, des tendances (pulsions) et de la volonté. »
Pour résumer, les onze symptômes de premier rang que nous expose Schneider dans son uvre sont :
1. Audition de voix ou pensées exprimées à voix haute
2. Voix qui argumentent entre elles
3. Voix qui commentent le comportement ou les pensées
Note: Ces trois symptômes décrivent la conception schneidérienne des hallucinations auditives schizophréniques.
4. Perceptions délirantes
5. Expériences d'influences corporelles
6, Expériences d'influences des pensées
7. Impulsions provenant d'influences extérieures
8. Volonté contrôlée par des forces extérieures
9. Pensées volées par des forces extérieures ou d'autres personnes
10, Interférences de pensées par d'autres pensées
11. Publication de pensées
Après cela, étudions le sujet sous un angle plus littéraire
« La Porte 54, itinéraire dune psychose » desfrères Rioux est avant tout une uvre despoir. Les auteurs nous font pénétrerà lintérieur de cette enceinte redoutée lasile psychiatrique- et nousguident dans un dédale insolite de couloirs sans fin et de portes verrouillées.Un parfait labyrinthe représentant parfaitement lunivers du psychopathe (sans sens péjoratif). Les auteurs tracent un portrait nuancé de la vie interne dun établissement psychiatrique, de certains enjeux qui sy déroulent et de laroutine quotidienne des patients. Ce livre relate également de façon poétiquela quête dun homme, Fernand, qui reprend foi peu à peu en lui-même, après 25 années de combat lors de sa thérapie, et décide de renouer avec ses rêves et deretourner vivre dans la communauté qui la rejeté dans sa jeunesse. Deux mondes parallèles, qui sont « linterne » et l « externe »,se lient dans cette même uvre qui exprime avec force quil est possible «déchapper » à la schizophrénie et de retrouver son pouvoir et son identité decitoyen malgré la maladie mentale et les préjugés qui sy rattachent.
Pour terminer, jai décidé de parler de la schizophréniedans la poésie. Cela se passe de commentaire, aucun mot à y apposer. Je préfère me taire, vous laisser lire :
MES MOTS
Les mots envolés
Et, le coeur vide
J'essaie
De trouver le chemin
Qu'ont emprunté mes mots
Et, les mots de mon ami
Ce chemin ardu et difficile
Que celui de mes mots
Mais, je me bute à rien
Je me bute à rien...
Faut croire
Que mes mots se sont perdus
En cours de route
En cours de conversation...
Dans les dédales lointains
De ma mémoire...
Et, que pour se rappeler
De quelques-uns
Il faut refaire les anciens sentiers
Et, aussi les anciens chemins...
Commentaires