It' arië no hini

Dans le noir immaculé de la voute céleste, une ronde lune illumine un petit sentier d'une lumière pâle et froide. Je m'avance sur ce sentier et je ne vois rien autour de moi si ce n'est l'ombre de quelques arbres qui m'entourent. Je marche pendant quelques minutes jusqu'à ce que j'atteigne une gigantesque grille qui me barre le passage. Je me sens minuscule face à celle-ci et j'ai comme l'impression qu'elle m'écrase. Je m'en approche et pose ma main sur la poignée glacée. Le froid envahi tout mon corps et je commence à avoir certaines difficultés à respirer. Je la tourne et remarque alors que cette grille est fermée. Ce n'est pas étonnant. Je ne me sens pas destabiliser pour autant. J'inspire profondément et souflle une fumée orangée sur la poignée qui rougit comme si on chauffait le métal qui la constitue. J'y pose à nouveau ma main pour la tourner et la grille s'ouvre en grinçant.
Je pénètre dans l'enclos et prend alors conscience que je suis dans un cimetière. En me concentrant un peu, j'apperçois même quelques âmes flottées au dessus de leur sépulture. Sans y attacher grande importance, je continue ma ballade sur l'allée centrale du cimetière. J'apperçois une silouhette au loin, c'est un homme. Je le connais. Je l'ai déjà croisé dans l'un de mes précédents rêves où j'avais entretenu avec lui une discution silencieuse au milieu de nul part. Les seuls mots qui avaient résonnés ce jour là étaient :
" - Qui êtes-vous ?
- It' arië no hini "
J'ai compris sans savoir comment qu'il ne souhaitait pas se présenter puisque l'étrange langue signifiait "Je ne suis personne". Tout s'était terminé étrangement, mais cela est trop flou pour que je puisse le décrire à nouveau.
Je suis donc face à cette connaissance. Il me rappelle les vampires d'Anne Rice. Le teint pale et lèvres rouges sang. Une longue chevelure brune nouée par un ruban. Le visage fin et les canine acérées. L'androgyne dans une tenue du XVIII siècle, chemise blanche à jabot et reste du costume noir. La scène se répéte :
" - Qui êtes-vous ?
- It' arië no hini "
J'apperçois alors une fumée noire aux reflets violets qui l'entourait : son aura. Je comprends alors que j'ai affaire à un être maléfique et que s'il est, ce n'est sûrement pas pour entretenir une conversationa micale avec moi :
" - Présentez-vous !
- Ita nidawë ino ludorite nya.
- Si vous êtes là pour m'empêcher d'avancer, alors venez combattre ! "
Il se rue alors sur moi et j'esquive ses coups avec une agilité qui m'était inconnue. Je pose ma main sur le sol et se forme alors une dague de grenat (il me semble). Je le transperce d'un coup et l'homme s'évanouit en fumée. Je sens encore sa présence. Par là !
Je cours sur cette allée, toujours tout droit, jusqu'à ce que je m'enfonce dans un brouillard épais où je ne distingue plus rien, plus rien...
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